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Souffrances, reconnaissance & réjouissances

La première fois que j’ai rencontré ce petit bout de femme, j’étais à l’église. A l’occasion de Pâques, l’assemblée nous offrait une expérience artistique bien travaillée mais pas que. 

Cette fête est l’une des rares occasions où il est facile pour nous, chrétiens d’exprimer notre foi mais également plus facile pour les non-croyants d’écouter sans braquage l’annonce de la Bonne Nouvelle. 

Indépendamment de la fiction surréaliste proposée sur scène, deux témoignages étaient donnés par des membres de l’église qui nous expliquaient comment ils avaient pris conscience de la présence de Dieu dans leur vie. 

Christelle était l’un d’entre eux. Vêtue de noir devant une salle pleine à craquer au sens large comme au figuré, c’est avec courage et humilité qu’elle nous a fait part de son expérience frappante sans mauvais jeu de mots. 

D’une enfance violente à un avenir prometteur Dieu lui a donné la force de surmonter cette épreuve et l’a guéri de toutes ses blessures, Amen ! Cette « christian next door » qui revient de très loin est une jeune femme pleine de vie, pétillante et épanouie. C’est sans filtre et avec beaucoup de générosité que Christelle accepte d’être interviewée par TGIF.

Faisons connaissance inédpendamment de ton expérience.

Je m’appelle Christelle, j’ai 24 ans et je suis originaire de Bretagne.

Quel est ton verset préféré ?

Galates 5 : 22 comme indicateur de sanctification pour moi mais aussi ceux qui m’entourent. Waw c’est aussi le mien^^ ! (NDLR)

Mais le fruit de l’Esprit, c’est l’amour, la joie, la paix, la patience, la bonté, la bénignité, la fidélité,

Tu écoutes quoi en ce moment ?

Pour la partie chrétienne, j’écoute le titre « Echo » d’Elevation worship (merci pour la découverte^^) et pour la partie mondaine c’est « Clocks » en version live de Coldplay (merci pour le classic ;-))

Serais-tu intéressé par l’événement Spirit’s fruits qu’organise TGIF en août prochain ?

Ca a l’air énorme !!! En plus il y a Meak. J’aime beaucoup le concept, ça a l’air très frais. Je pense que je serai de la partie avec des amis 🙂

 

Tu es convertie depuis quand et qu’est-ce qui t’a poussé à le faire ?

J’ai donné ma vie au Seigneur en décembre 2015 malgré le fait que je sois issue d’une famille de tradition chrétienne et que j’ai suivi ma scolarité au collège et au lycée dans des établissements catholiques privés.

 

Quelle était l’atmosphère chez toi durant ton enfance jusqu’à l’adolescence ?

Je vivais avec mes parents et mes deux sœurs : une petite et une grande. L’ambiance était dure et violente. Ma mère est le fruit d’une éducation très stricte, à la militaire et d’une famille très modeste. Par conséquent, elle a développé une pathologie qu’on appelle la perversion narcissique.  C’est pourquoi tous les membres de la famille subissaient sans rien dire son comportement manipulateur, haineux et violent, jusqu’à ce que mon père qui nous protégeait de notre mère tout en essayant d’esquiver les coups et les conflits finisse par devenir violent à son tour. Quant au reste de la famille, mes sœurs et moi en avions été coupées.

A l’extérieur, nous donnions l’impression d’une famille normale et heureuse. Mon père qui était quelques fois en mission sur Paris m’emmenait avec lui. C’était une belle échappatoire, cette ville m’attirait à chaque visite. Mon père se déplaçait sur paris pour le travail chaque semaine. L’ambiance avec ma mère était horrible. Puis de retour le week-end, les disputes violentes entre mes parents, le harcèlement psychologique et physique de ma mère reprenaient de plus belles.

Il ne s’agissait pas seulement d’une absence de tendresse et d’amour, il était question d’intimidations, d’insultes et de sévices quotidiens prodigués par ceux qui nous avaient mis au monde.

 

Quelles sont tes échappatoires durant cette période ?

Dès l’adolescence, je faisais tout ce qui était en mon pouvoir pour m’occuper sauf étudier d’où mon échec scolaire. Dès que j’en avais l’occasion, je rentrais tard, j’investissais mon énergie et ma concentration sur la danse et les cours de piano au conservatoire. En parallèle,
à l’école j’essayais d’avoir le maximum d’amis. J’étais très entourée mais pas forcément par de bonnes personnes. Je souffrais beaucoup du rejet dans mes amitiés.

 

Durant cette phase, j’étais loin des fruits de l’Esprit auxquels je faisais référence plus tôt. J’étais à la recherche de tout ce qu’il n’y avait pas dans mon foyer, chez les autres. Je préférai mentir pour ne pas blesser et cacher mon calvaire aux yeux des autres. J’étais excessivement gentille au point de me laisser marcher sur les pieds. Je m’éduquais toute seule, j’étais naïve et en manque d’affection que je comblais par la pornographie entre autres. Il m’arrivait parfois d’être à bout de forces et d’avoir quelques accès de violences verbales et physiques envers ma mère.

Par quels moyens tu arrives à te sortir de cet environnement ?

A l’époque je n’en avais pas conscience mais Dieu avait placé dans ma vie, une fille qui allait devenir une de mes meilleures amies mais surtout, un tournant. Ophélia était la petite sœur d’une connaissance au lycée. Au fil du temps, nous avons tissé des liens saints, c’était la seule personne auprès de qui je me confiais à ce moment-là. Elle était chrétienne et m’avait invité à plusieurs reprises à l’église ce que j’avais toujours refusé jusqu’ici jusqu’au jour où je n’avais plus d’excuse pour me dérober. Il faut préciser qu’Ophélia avait des traits de caractère tels que la gentillesse, l’attention, l’écoute qui m’ont finalement persuadé d’y aller. Elle m’avait évoqué à plusieurs reprises l’idée d’un Dieu aimant, qui me voulait du bien, qui avait prévu un meilleur plan pour ma vie et qui me considérait comme quelqu’un de précieux à ses yeux. Cela a stimulé ma curiosité.

 

Ma vie n’était pas mieux mais Jésus m’aidait à surmonter les difficultés.

C’est à ce moment-là que tu rencontres Jésus ?

Mon premier culte et notamment au moment de la louange m’a fait fondre en larmes à croire que le message m’était destiné. A l’époque je ne comprenais pas ce qu’il m’arrivait, j’ai juste ressenti une paix dans mon cœur.

 

Comment poursuis-tu ton chemin avec Dieu ?

Malgré l’opposition de mes parents de me rendre à l’église, je continuais d’y aller en cachette pendant plusieurs mois. Ophélia et sa mère m’ont appris à prier et à lire la bible. Pour l’anecdote, sa mère un soir m’avait proposé de m’oindre le front avec… de l’huile d’olive ! J’étais assez dubitative quant à l’ingrédient utilisé mais lorsqu’elle l’a posé sur moi et qu’elle a prié, j’ai de nouveau ressentie cette paix qui m’habite à chaque fois que je me rends à l’église. A partir de là, j’essaie de mettre de l’ordre dans ma vie et poursuis mon objectif de quitter le foyer familial au plus vite.  Les bons réflexes spirituels acquis, je demande à Dieu de m’aider pour obtenir mon bac qui représentait la clé de pour partir de chez moi et entamer une vie professionnelle de de bonnes conditions. Grâce à Dieu et à ma grande surprise j’obtiens mon diplôme et je rejoins la capitale dans la foulée. 

Dieu a toujours essayé de me joindre au travers de tracts distribués par des gens dans la rue, des rencontres… Il m’a toujours laissé revenir à Lui à mon rythme

Lorsque tu débarques à Paris, où en est ta vie spirituelle ?

J’étais soulagée de ne plus être sous le même toit que mes parents bien que ma grande sœur avait quitté la maison bien avant moi et que je laissais ma petite sœur derrière moi.

Je poursuis des études supérieures avec pour motivation l’orgueil d’y arriver seule mais je n’ai plus aucun repère, j’ai la flemme de chercher une nouvelle église et je ne développe pas une vie de prières. Seuls mes quelques allers-retours en Bretagne permettent une reconnexion avec Dieu où je passe plus de temps avec mes amis qu’avec mes parents restés sur place. Je ne leur rends aucune visite.

Je m’éloigne petit à petit de Dieu et me créé de nouvelles échappatoires. Pour combler ce vide qui ne dit pas son nom, j’enchaine les soirées, je m’investis dans énormément de projets scolaires, fais beaucoup de bénévolat et je me lance dans la recherche malsaine de reconnaissance et de popularité en particulier auprès des hommes. Je me forge un caractère qui cache de nouveau mon mal être profond.

Dieu m’a toujours bénit au niveau de mon parcours scolaire sans faute et maintenant professionnel notamment au travers des stages qui m’ont fait rencontrer des personnes intéressantes.

Qu’est-ce qui fait que tu arrives dans l’église que tu fréquentes actuellement ? 

A l’époque, j’étais en alternance dans une agence événementielle et une de mes collègues avec qui j’avais bien sympathisé me fait part de sa foi en Christ. Lors de cet échange, elle me parle de son église qui semblait très moderne et très jeune dans son approche communielle. J’ai été séduite par ce concept et m’y suis rendue le dimanche qui a suivi avec ma grande sœur dont j’avais retrouvé la trace entretemps. Je n’en suis plus jamais sortie.

Comme à chaque fois, j’étais touchée par la grâce de Dieu et je décidais de faire le grand saut quelques mois plus tard.

J’ai accepté Jésus comme mon Sauveur & Seigneur, 5 mois après mon arrivée à l’église. 

Si tu devais faire un comparatif entre la Christelle d’avant et celle de maintenant, quelles sont les traits de caractère que tu as développé depuis que tu as assisté à ton premier culte ?

La peur ne fait plus partie de mon vocabulaire, je me suis davantage affirmée du fait de la conscience de mon identité en Christ, j’ai connaissance de ma valeur. J’ai également fait beaucoup de tri dans mes relations. J’essaye toujours de m’affranchir de la réaction des personnes qui m’entourent en limitant les mensonges et en développant la confiance. Ce n’est pas gagné mais j’ay travaille avec l’aide de Dieu.

 

Au vu de ton parcours, aurais-tu des sujets de reconnaissances ? 

Depuis mon arrivée à l’église, je lui avais remis tous mes fardeaux concernant ma famille à ses pieds et le bilan et le suivant :

  • Mon père nous a demandé pardon,
  • Ma grande sœur continue de venir ponctuellement à l’église,
  • Ma petite sœur est passée agnostique et apprécie les fruits de ma foi dans ma vie, elle me demande de prier pour elle, c’est encourageant,
  • Ma mère s’est rendue pour la première fois à l’église en 2017 à l’occasion de la fête des mères où elle a pu revoir ses trois filles réunies pour la première fois depuis 13 ans. Elle fut touchée et au point où aujourd’hui c’est elle qui parle à ses enfants de Jésus et qui demande la prière. Les fruits de l’Esprit de manifestent de plus en plus en elle,
  • Nous avons reconstruit une relation mère-filles car Dieu nous restaure chaque jour un peu plus, et
  • J’ai demandé pardon à ma mère grâce à Dieu et au plan sur la pardon disponible dans l’application YouVersion. J’ai compris qu’il était nécessaire de lâcher prise.

Dieu est fidèle et mon parcours prouve de nouveau qu’IL est celui qui pourvoit, qui guérit et qui restaure.

Sans certaines personnes qu’Il a placé dans ma vie, je n’en serai pas là. 

 

Aujourd’hui Christelle, poursuit son chemin de sanctification et est en poste dans une des sociétés dans laquelle, elle avait effectué un de ses stages.

Toujours aussi hyperactive, elle s’investit cette fois-ci pour les affaires du Royaume au sein de son église.

Leader des jeunes de 11 à 14 ans, son expérience lui permet de développer dans l’empathie auprès d’eux dont ceux en particulier qui seraient en difficultés. Elle prie avec eux  et fais tout pour qu’ils ne se sentent pas seuls comme elle a pu l’être par le passé.

Elle a mis ses talents de danseuse au service de l’assemblée et pour finir, elle fait partie de l’équipe communication de la jeunesse et est également investie dans une école catholique pour des jeunes chrétiens où elle sert dans la communication et la louange. 

Christelle dont le prénom comporte celui du Sauveur a été utilisée par Dieu afin que sa famille puisse connaitre le salut et elle lui demeure reconnaissante pour cela.